La peur de la facture freine beaucoup de projets. Voici de quoi la chiffrer plutôt que de l'imaginer.
La consommation électrique d'un climatiseur n'est pas sa puissance frigorifique. Un appareil qui produit 3 kilowatts de froid consomme environ 0,9 kilowatt électrique, parce qu'il ne crée pas le froid : il déplace la chaleur, ce qui coûte bien moins d'énergie.
Le rapport entre les deux s'appelle le coefficient de performance. Sur une saison complète, on parle de SEER en froid et de SCOP en chaud. Un bon appareil résidentiel affiche un SEER supérieur à 7.
Prenons un séjour de 30 m² équipé d'un mono-split de 3 kW, avec un SEER de 7, utilisé quatre heures par jour pendant soixante jours.
- Énergie de froid produite sur la saison : 3 kW × 4 h × 60 j = 720 kWh
- Électricité réellement consommée : 720 ÷ 7 ≈ 103 kWh
- Coût à 0,25 €/kWh : de l'ordre de 26 € pour la saison
Le chiffre étonne souvent. Il correspond à un usage raisonnable, avec une consigne correcte et des fenêtres fermées.
Régler à 19 °C quand il fait 34 °C dehors double presque la consommation par rapport à 26 °C. L'écart avec l'extérieur ne devrait pas dépasser sept à huit degrés.
L'appareil tourne alors en continu sans jamais atteindre la consigne.
Des volets ou stores fermés en journée sur les façades exposées réduisent nettement la charge à évacuer. C'est le geste le plus rentable, et il est gratuit.
Il atteint la consigne trop vite, s'arrête, redémarre. Ces cycles courts consomment plus qu'un fonctionnement régulé et usent le compresseur.
C'est là que la clim réversible devient intéressante. En mi-saison, elle restitue trois à quatre kWh de chaleur pour un kWh consommé, ce qui la rend nettement plus économique que des convecteurs électriques.